25 avril 2009
Chris Cornell : Scream.
Ne connaissant Audioslave que pour son fameux Be Yourself qui à chaque fois que je l’entends fait toujours plaisir à mes oreilles, je n’ai pas eu la chance de prendre une douche froide avec l’album de leur ex chanteur Chris Cornell. Entre le rock alternatif d’Audioslave et ce que nous propose Cornell, il n’y a pas photo. En quête de nouveautés musicales à me mettre sous la dent, je suis partie à l’aventure avec cet album, malheur à moi!
Scream donne envie de hurler comme l’indique si bien son nom, c’est un concentré d’insipidité. Cornell prend un virage à cent quatre vingt degrés dans cet album très R&B. Les dernières notes de chaque titre correspondent aux premières du titre suivant. Si on peut reconnaître à cette « assemblage » une certaine originalité, il reste handicapant et accentue une impression de répétition. A lire les témoignages de fans, le Chris Cornell d’Audioslave se serait effacé pour laisser place à un pathétique chanteur pondeur de bouse. Ce qui saute aux yeux, c’est le flagrant aspect commercial de cet album. Tout y est académique, tout est standardisé et lorsque j’ai entendu certains morceaux je me croyais revenue des années en arrière.
Part Of Me, chanson électro/ R&B qui ouvre les hostilités nous rappelle la raison d’être de cet album : le fric. On le sait la salope fait vendre aujourd’hui, dixit le refrain « that bitch ain’t part of me », surtout avec des mélodies bidouillées sur mesure pour se déhancher en boîte. J’avoue, je me suis laissée prendre au piège des beats électros et je n’ai pu réprimer des hochements de tête - si si mais je n’ai pas été plus loin. J’ai du mal à croire que un type comme Timbaland ait pu produire une merde pareille, surtout lui qui nous avait habitué à des sons plus créatifs, c’est davantage du recyclage. Les tords sont partagés sur ce coup et les propos qui vont suivre vont sûrement faire certains sauter au plafond car ils sont assez ghettoïsant. Franchement, les chanteurs R&B blancs qui ne pondent pas de la soupe se font rares et, Justin Timberlake ayant réussit à passer entre les mailles du filet en est la preuve. Du côté des chanteurs noirs, on retrouve aussi des nullités, je le reconnais. Akon en est le parfait exemple. Tout ça pour vous dire que produire un artiste blanc qui prétend faire du R&B après des années rock’n roll est très risqué et même si il y a du Timbaland là dessus (et surtout lorsque ça sent le réchauffé), quand le talent est inexistant rien n’y fait, prenez pour preuve l’échec cuisant de M.Pokora.
Passé les cinq premiers morceaux, on tombe sur Never Far Away qui fait penser à un mariage entre Gavin Rossalde et une touche d’Akon -d’ailleurs plusieurs morceaux sont les fruits de cette union improbable. Le refrain donne un léger intérêt à la chanson tout en l’embourbant dans le conformisme et, c’est avec ce titre que Cornell donne le la à une seconde partie d’album mi rock mi R&B. Loin d’être originale, Enemy se laisse tout de même écouter avec ce mélange pop rock /R&B agrémenté de guitares électriques comme je les aime. Watch Out fait effet avec beats entraînants si on ne prête pas attention à ce refrain agaçant avec ses « pick it up, watch out » et qu’on fait abstraction de certains effets marteau piqueur. Two Drink Minimum qui clôt l’album se démarque avec ses accents rock/blues et si je n’y ai pas accroché, le timbre enroué de Cornell a l’avantage de pas y être étouffé par des effets sonores où se joignent des guitares électriques.
Que Chris Cornell retourne faire du rock et laisse le R&B à ceux qui savent en faire, merci.
Commentaires
Son premier album était déjà pas top, je me demande où il est tombé, sans pour autant avoir envie d'écouté cet album. Quel dommage, soundgarden quoi!
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