10 mai 2009
Ben Harper and Relentless7 : White Lies For Dark Times.
« C’est mon second premier album » confiait récemment Ben Harper à propos de White Lies For Dark Times lors d’une interview. Ce prolifique Artiste californien nous avait habitué à des sonorités blues folk où se glissaient ses influences gospel et reggae. Après avoir exploré ces genres, il prend un virage musical direction les contrées rock. Cet album de la transition marque la fin -provisoire ou pas- de sa collaboration avec The Innocent Criminals auxquels se substituent Relentless7, un trio de jeunes texans- composé de Jason Mozersky à la guitare, Jesse Ingalls à la basse et Jordan Richardson à la batterie. Cette direction qui pourrait déplaire à certains m’a surpris au premier abord. En effet, Ben Harper est un spécialiste des mélodies douces voire ennuyeuses diront d’autres. Néanmoins en jetant un œil plus attentif à sa discographie, on retrouve God Fearing Man avec ses riffs à la Jimi Hendrix et Faded qui nous avait déjà conquis avec ses guitares électriques.
Cet album est donc celui de tous les défis qui peuvent s’avérer à double tranchants. C’est un challenge personnel pour Ben Harper qui y affirme son amour de la music rock et prend le risque de bousculer son public dans ses attentes voire de le décevoir. Les artistes qui se lancent encore des défis c’est bien, mais a t’il relevé le sien?
Le blues ne se cache jamais bien loin de Ben Harper. En effet, ce genre est ici mis à l’honneur dans un opus fait de compromis où il teinte les sonorités rock de nos quatre compères. Bienvenue dans l’univers rock blues de White Lies For Dark Times.
Cet album sent bon le blues du sud américain où l’ombre de Jimi Hendrix vagabonde. Number With No Name ouvre le bal et l’on s’imagine sur les rives du Mississipi. Notre traversée se poursuit avec les très bluesy Boots Like This et The Word Suicide- qui avec ses chœurs réaffirme les influences gospel de l’Artiste. Why Must You Always Dress In Black avec ses guitares énervées rappelle les sons psychédéliques des 60’s. Shimmer And Shine braille plus qu’autre chose. Keep It Together qui est à tout casser est une digne héritière de Hendrix. Fly On Time accompagnées de guitares moins énergiques est tout simplement magique. Elle gagne en intensité avec le timbre velouté et plus que jamais pénétrant de Ben Harper. Avec une ballade comme Skin Thin- bien endormante comme il faut- l’Artiste revient à ses penchants blues folk. Dans la même veine, Faithfully Remain qui clôt l’album a des allures de « chanson bilan » où il affirme qu’il reste fidèle
En coupant la poire en deux, Ben Harper a joué la carte de la prudence. Il est resté fidèle à ses influences blues qui forment un savant mélange avec les sonorités rock exploitées. Là demeure pourtant le problème, White Lies For Dark Times manque de hardiesse mais ruse de facilité. L’Artiste s’accroche trop à ses influences et ne s’en démarque pas. Sur les onze titres présents, seuls deux ont du pur sang rock. Alors oui, ce pari n’est qu’à moitié gagné. Quitte à être déçue par des morceaux dans la trempe de Shimmer And Shine, j’aurai préféré que Ben Harper aille jusqu’au bout de sa démarche et nous propose un album cent pour cent rock.
Commentaires
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=511001&pid=13679917
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :